With “You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love”, the California superstar delivers her best album after two already highly noticed first records. Ultra-referential, this third album does not fear exploring riskier ground. Endorsed by her idol Robert Smith of The Cure, Olivia Rodrigo does what she does best in the mainstream pop niche.
Olivia Rodrigo a commencé sa carrière en tant qu’enfant actrice sur Disney Channel, dans les séries Bizaardvark (2016) puis High School Musical : La Comédie musicale, la série (2019). Il ne faut pas plus d’éléments de biographie pour en décourager plus d’’un·e aux Inrockuptibles d’aller écouter la mégastar de la pop qui, malgré tout, révolutionne le créneau mainstream à chaque fois qu’elle sort un disque.
The Californian singer achieves her first global success with the teenage single Drivers License (2021) which propels her to stardom at only 17. Her first two albums, Sour (2021) and Guts (2023) sell by the millions and cement the Olivia Rodrigo signature: writing about disillusions and romantic betrayals by alternating between the 90s alt-rock textures (think Hole’s Live Through This, reimagined in pop) and melancholic piano-voice ballads, more or less well felt. When choosing between the two first records, you side more with Guts.



Références passées à la moulinette pop
Quelques Grammys, singles numéro 1 aux États-Unis et records de streams plus tard, Rodrigo revient donc avec son troisième album, You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love, un disque plus sophistiqué que ses prédécesseurs, très référencé, que tout amateur·ice de l’esthétique New Wave des années 80 saurait apprécier. Mais comment convaincre le plus endurci des pop-réfractaires – déjà en panique à l’écoute des deux premiers titres Drop Dead et Stupid Song (un peu lourdingues, certes) – que cet album vaut le détour ? Demandez-lui justement la liste des références sur le disque et il reprendra quelques couleurs, au risque de même se laisser attraper par un ou deux morceaux.
“C’est marrant, il y a un côté a-ha [groupe norvégien des années 80 à l’origine du tube Take On Me] et ça me fait penser à un morceau des Strokes…”, pouvait-on entendre ce lundi à la rédaction des Inrocks, après quelques minutes d’un lobbying réussi en faveur de You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love. On tente : “The Adults are Talking ?”, en pensant à cette boîte à rythme sur le début de Maggots for Brains d’Olivia Rodrigo. “Non, un morceau de Comedown Machine (2013) qui faisait déjà très a-ha… One Way Trigger je crois”, “Piste numéro 3” confirme un collègue qui passe par là. La curiosité est piquée, ça y est. De Devo à Talking Heads, en passant par New Order et les Californiennes de The Bangles, Olivia Rodrigo et son fidèle producteur Dan Nigro assument clairement leurs inspirations 80s sur ce troisième disque. Mais s’il y en a une qui plane avec bienveillance au-dessus de tout l’album, c’est bien celle de Robert Smith.
Le remède Robert Smith
Dès le premier single Drop Dead, piste 1 du disque, Rodrigo qui se décrit comme “most alive I’ve ever been” (“plus vivante que je ne l’ai jamais été”), confie également qu’elle a enfin compris le sens de la chanson Just Like Heaven de The Cure. Chanson qu’elle a d’ailleurs interprétée en juin 2025 sur la Pyramid Stage du mythique festival Glastonbury en compagnie de Robert Smith, devenu depuis un très bon ami. Plus tard sur le disque, on retrouve l’influence curiste sur le premier morceau qui nous captive véritablement, Maggots for Brains, qui dresse le portrait d’une dépendance affective rappelant musicalement Friday I’m In Love (que Rodrigo a aussi chanté à Glastonbury, tiens).
L’album atteint physiquement son sommet sur le bien nommé The Cure une “heureuse coïncidence” selon Rodrigo qui assure que le titre n’a rien à voir avec le groupe de son pote Robert Smith (pourtant le clip fait directement clin d’oeil au logo du groupe sur l’album Kiss me, Kiss me, Kiss me sorti en 1987). Petite merveille de production, the cure rappelle tantôt Elliott Smith et ses double voicings expirés, tantôt son homonyme Robert et ses chansons d’amour infectieuses. “And my head is full of poison / And my heart is full of doubts / I got toxins in my bloodstream / You try hard to suck’em out”, chante Rodrigo avant une explosion pop au BPM deux fois plus rapide que celui que l’on s’imaginait au début de la chanson.
Robert Smith est bien présent cette fois sur l’étrange mais très beau What’s Wrong With Me où son accent brit ricoche parfaitement avec celui de la californienne lorsque les deux chantent en harmonie leur désespoir post-rupture. Le genre de morceau que l’on s’écoute plein pot en hurlant les paroles, pour compenser la distance de la production, qui simule certainement la séparation.
Triptyque du sans-faute pop
On s’arrête volontiers sur plus d’un morceau de You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love, avec le jangle pop U + Me = <3, mais aussi le surprenant Purple co-produit avec Jim-E Stack (qui notamment bossé sur le dernier Lorde,
SurYou Seem Pretty Sad for a Girl So in Love, exit les amourettes lycéennes et toute l’imagerie qui les accompagne, Olivia Rodrigo parle toujours d’amour, mais de manière bien plus complexe et parfois si sombre qu’on l’imagine écrire ses morceaux devant un miroir constamment dressé face à elle. Le disque est ingénieusement conçu en deux faces A et B de 25 minutes chacune, comme une capsule narrative qui raconte l’intensité du début d’une relation amoureuse, sa mutation vers la limerence avant d’atteindre le plateau d’une routine angoissante qui glisse vers la perte de soi, pour enfin redescendre brutalement sur la désillusion et l’effondrement. En bref, You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love donne vie au triptyque du sans-faute pop d’Olivia Rodrigo, du genre qui a tendance à se faire rare à ces niveaux de popularité.
You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love d’Olivia Rodrigo, disponible partout. The Unraveled Tour passera par Paris à La Défense Arena les 23 et 24 avril 2027, plus d’infos et réservations sur https://www.parisladefense-arena.com/evenement/olivia-rodrigo/